À propos des murs baladeurs


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:: Le concept des Murs Baladeurs c’est l’idée même de l’existence d’une entité artistique faite de plusieurs personnes, de différentes cultures, états de connaissance, rapports à l’art et avec le désir d’art comme lien. C’est une tentative d’inscrire ces différents rapports à l’art.

Le « social » de « sculpture sociale », c’est le lien, l’échange, la confrontation, l’expression des sujets. La volonté de sortir d’un rapport d’utilitarisme. Tous les sujets ont conditionné ce résultat et participé à la conception. Le matériau c’est donc d’abord cette forme d’énergie de l’échange humain qui est prise en compte au lieu de se volatiliser.

Les murs baladeurs ont donc une fonction d’agrégation d’énergie et de représentation de cette énergie.

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:: COMMENTAIRES (fin 2010)
Ces quelques lignes assez influencées par le concept de sculpture sociale de Joseph Beuys et l’École de Dessin du Boccage Vitréen de Gilles Mahé, définissaient en 1995 les Murs Baladeurs  (LIEU COMMUN, SCULPTURE SOCIALE) comme une œuvre existant en plusieurs plans :

> Le premier, l’idée, la décision, l’engagement, le volatile, l’immatériel, le conceptuel

> Le second, le vécu, apparemment assez proche, par hasard ou à cause de l’époque sans doute, de l’esthétique relationnelle de Nicolas Bouriaud

> Le troisième dans une dimension pédagogique délibérément expérimentale, à inventer

> Le quatrième, critique sarcastique du fonctionnement du petit monde de l’art vu depuis une petite ville, dont La Fontaine a écrit : « Le pauvre homme était loin De tout humain secours . C’était à la campagne Près d’un certain canton de la basse Bretagne, Appelé Quimper-Corentin . On sait assez que le Destin Adresse là les gens quand il veut qu’on enrage : Dieu nous préserve du voyage !  » (La morale de cette fable du  » chartier embourbé  » c’est  » Aide toi et le ciel t’aidera« )

Avec, puisque tout récemment le colloque consacré à Bernard Lamarche-Vadel vient de me le rappeler opportunément, cette idée qui venait de lui, que si on ne peut pas tuer quelque chose par une opposition frontale, que si la guérilla n’est d’aucun secours, on peut tenter de parvenir peut-être au même résultat de la tuer en favorisant son excès même ; et de cette citation du même, que je trouvai fort à propos 😉 dans ces années 90’s de plomb: « Le seul grand artiste aujourd’hui est celui-là qui apporte les preuves de son inexistence et de sa survie, qui sont les conditions ordinaires mais occultées, de quiconque a encore le cœur battant.« 

Ainsi je sautai à pied joints dans ce rôle de petit opérateur municipal précarisé de l’animation culcurelle, avec l’intention avouée de faire autrement que ce que l’on semblait attendre de moi ; de m’y situer en tant qu’artiste mais de ne donner à voir que des choses que je n’aurais pas faites ; mais ce que je serais parvenu à transmettre d’une culture artistique et d’une exigence, modulé par les capacités des élèves à les articuler et les mettre en œuvre. Compromis, opposé complet de la singularité requise, sorte d’image de la réalité d’une influence.

Quelques personnes comprirent de quoi il s’agissait et relayèrent le propos : la Galerie Artem (Quimper,1997), la Galerie de l’IUFM (Rennes, 2006). D’autres ne le comprirent pas et se défaussèrent : la Biennale de Paris (2006) par exemple.

Si fortune critique de ce travail ne fut pas excellente, le vécu de l’expérience continue à l’être. Deleuze, cette fois : »...mais ce qu’il y a de bien dans une bande, en principe, c’est que chacun y mène sa propre affaire tout en rencontrant les autres, chacun ramène son butin, et qu’un devenir s’esquisse, un bloc se met en mouvement, qui n’est plus à personne mais « entre » tout le monde, comme un petit bateau que des enfants lâchent et perdent, et que d’autres volent. »*

En vertu de ce principe le projet est ouvert et l’appellation libre, libre comme Mikaël Kersuzan l’est d’ouvrir ce blog où les relations  entre « les gens » vont pouvoir continuer sous une autre manière, dessinant à l’écran des échanges qui, entre le faire et le débattre, n’avaient jusqu’ici que les mémoires volatiles pour se fixer.

Pol Guézennec

*(Gilles Deleuze, Claire Parnet – Dialogues, Champs, Flammarion)

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